Le Chardon

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dimanche 20 mars 2016

12/16 : Russe en Syrie, Angela et les Turcs, Trump révolté, Brésil chaotique

Retrait (partiel) russe de Syrie : il y aurait beaucoup à dire, beaucoup a déjà été dit. Constatons simplement l'habileté de V. Poutine : bravo l'artiste, il a pris tout le monde par surprise, il n'y a qu'à voir le silence consterné des atlantistes. Notons également le silence des puissances moyen-orientales (Irak, Turquie, Iran, Arabie). Mais certains prennent déjà parti de l'initiative russe. Les Israéliens pour se raccommoder plus encore avec eux ; les Kurdes de Syrie pour annoncer leur visée à l'autonomie, sur un modèle irakien ; les Saoudiens pour eux-aussi, arrêter leurs opérations au Yémen où ils étaient fixés. Là, ils ont un excellent prétexte pour mettre les pouces sans perdre la face. Les choses bougent donc très vite, d'autant que l'EI est décidément sur le recul.

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dimanche 13 mars 2016

11/16

Accord euro-turc. Ou plus exactement, accord germano-turc. L'Europe découvre le froid réalisme qui oublie les "principes" pour laisser la place aux seuls intérêts. Plus personne ne dit de mal de V. Orban qui suscitait, l'été dernier, des cris d'orfraie lorsqu'il construisait une barrière à sa frontière. Désormais, quasiment tous les pays ont fait de même. L'Allemagne ne s'en plaint pas, constatant le tarissement des arrivées de migrants sur son sol, grâce aux filtres mis en place par ses voisins méridionaux, grâce au cantonnement de la Grèce à une nouvelle zone "d'accueil". On va même plus loin, faisant semblant de négocier avec le grand Turc. Mais qui prend au sérieux les termes de cette négociation ? Les Européens ne l'ont admise que du bout des lèvres, pour laisser à A. Merkel le temps de franchir les élections régionales. Une fois celles-ci passées, les intérêts reviendront au grand jour et l'accord ne sera pas avalisé. Car ce n'est pas l'UE qui a négocié, mais seulement Merkel, qui n'a prévenu ni Tusk ni Hollande. Cet unilatéralisme sera sanctionné par des unilatéralismes en miroir, chacun poursuivant la préservation de son seul intérêt.

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dimanche 6 mars 2016

10/16

Élections en Iran. La présentation des résultats par la presse internationale (et nationale) me semble assez malvenue. Le clivage entre "gauche" réformiste (sous-entendu : pro-Occidentale) et "droite" conservatrice (sous-entendu : anti-occidental) ne me semble pas traduire la réalité politique. On a eu ainsi l’assimilation de "conservateurs pragmatiques" au "camp du progrès", c'est-à-dire aux réformistes. Les choses sont évidemment beaucoup plus nuancées, conformément à la tradition politique iranienne faite d'arrangements et de nuances orientales. J'en retiens quant à moi : le sentiment unanime d'un Iran menant une voie nationale propre; un assentiment global à la ligne du président Rouhani; un recentrage des équilibres, avec l'affaiblissement des deux extrêmes. Le plus intéressant réside probablement dans le Conseil des experts (beaucoup plus que dans l'assemblée législative) qui sera amené à désigner le futur "guide" qui succèdera à Khameney. Constatons enfin que celui-ci s'accommode fort bien des résultats. Autrement dit, les choses sont bien plus subtiles que les grands titres nous les ont décrites.

source[https://pbs.twimg.com/media/...

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lundi 29 février 2016

9/16

Je suis confus, je publie ce billet avec retard : effet des vacances sans doute... Une sorte de trêve des confiseurs travailleurs. Pas comme la trêve en Syrie. Elle vivra ce que vivent les trêves, l'espace d'un soir, l'espace d'un matin, une petite semaine tout au plus. Elle aura permis à certains de reprendre leur souffle (vous avez dit "pause opérationnelle" ?), aux autres de croire qu'un monde de paix est possible, à ceux-ci de prendre le beau rôle (mais non, on n'est pas que méchant, nous aussi on veut la paix), à ceux-là de montrer qu'ils ont encore de l’influence sur le terrain (vous avez dit "pragmatisme" ?). Et pourquoi pas, d'initier peut-être un bout de négociation politique car à la fin, il faudra bien passer par cette négociation. De ce point de vue, la trêve permet aussi de mesurer les rapports de forces sur le terrain diplomatique, vérifier si telle ou telle position a évolué.

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jeudi 25 février 2016

Misty Mission

Voici une BD sur une période peu traitée, celle de la guerre du Vietnam, vue des Américains. Mais l'auteur est français, ce qui nous éloigne du style des comics. Et c'est une réussite séduisante à bien des égards.

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dimanche 21 février 2016

8/16

En Syrie, les choses se clarifient, paradoxalement. Les Kurdes, alliés à la fois aux Américains et aux Russes, progressent partout, surtout au nord d'Alep, à la grande rage des Trucs. Ceux-ci ripostent en transférant des combattants rebelles (même pas présentés comme modérés) pour aller défendre le dernier saillant résiduel, et bombardent allègrement l'enclave kurde au nord ouest de la Syrie. Sans effet sur le terrain, cela va sans dire. Pendant ce temps, les forces du régime ont terminé le bouclage d'Alep. Parallèlement, les FAS ont avancé dans la province de Lattaquié, et tiennent sous leur feu l'autoroute M4, en provenance d'Idlib, coupant par là tout renfort vers les combattants qui tiennent encore dans la province. Celle-ci devrait donc être bientôt entièrement reconquise, avant de lancer _une offensive vers Idlib, verrou entre Alep et Hama. CE serait tout le noyau rebelle au centre de la Syrie utile qui serait bientôt pris en écharpe. De même, chose qui n'a pas été notée par la grande presse, il semble qu'elles aient avancé jusqu'aux hauteurs ouest de Rakka, tandis qu'une percée conjointe entre les Forces syriennes et celles du PYG a pris un point de contrôle entre Rakka et Mossoul. Ainsi, alors que tout le monde observe Alep avec découragement, le régime et les Kurdes préparent la prochaine étape : imaginez un peu qu'ils réussissent à chasser l'EI de Rakka ! Les nombreuses critiques à l'encontre des Russes (vous ne combattez pas l'EI) tomberaient d'un coup.

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dimanche 14 février 2016

7/16

Semaine un peu folle, marquée par la confusion extrême des événements, des "décisions", des déclarations. De Bruxelles à Munich, d'Alep à Syrte, de Washington à Moscou, on vit beaucoup d'imprécision. Le trouble géopolitique est d'abord dans les esprits et le manque de clairvoyance. La sidération de l'Occident fait peine à voir.

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dimanche 7 février 2016

6/16

Alep : l’armée du régime a donc coupé la route nord reliant Alep à la frontière turque. C'était le cordon ombilical des insurgés qui tiennent une partie de la ville. L'encerclement complet n'est plus qu'une question de jours. C'est coup double pour le régime : couper Alep, prendre Alep, et c'est définitivement reprendre le contrôle de la Syrie utile et engager une réduction, dans la durée, des résistances qui demeurent. Tant pis pour les Américains qui prévoyaient un nouvel Afghanistan (on ne sait s'ils pensaient à leur expérience ou à celle des Russes : voir ce billet ici sur la logique des succès militaires russes). Mais l'autre atout, c'est que le régime a relié ses forces avec la poche kurde du nord ouest. Désormais, il ne reste plus que quelques dizaines de kilomètres entre l'est d'Alep et l'Euphrate pour rejoindre le reste de la résistance kurde. Imaginez alors que toute la frontière nord avec la Turquie soit tenue par un isolat kurde : formidable pied de nez à Ankara et allié de poids pour la future recomposition plus ou moins fédérale que prépare le régime (sans même parler du prochain retournement des Druzes au sud). Autant vous dire que vu d'Alep, Genève est loin et décalé. (paragraphe rédigé lundi soir... depuis, toute la presse a dit la même chose).

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dimanche 31 janvier 2016

5/16

Répliques sociales. On oublie l'Ukraine, on oublie la Tunisie. Or, de même qu'il y a eu des tremblements de terre (2012 dans un cas, 2014 dans l'autre), de même peut-on craindre des répliques. Mais là où elles étaient politiques, les révoltes de demain seront sociales. On aura l'air surpris alors que c'est prévisible. Si l'Ukraine voit les oligarques revenir, la Tunisie est un modèle qu'on abandonne. On devrait décupler notre aide. On reste chiche, et on pleurera demain, comme si on n’avait rien vu venir.

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dimanche 24 janvier 2016

4/16

Moldavie. Les manifestations massives continuent à l'encontre du gouvernement pro-européen. Dans le même temps, des manifestations au Monténégro pour demander un référendum au sujet de l'accession du pays à l'OTAN. Petits pays, loin des radars habituels, pourtant européens et qui manifestent une défiance envers le système euro-atlantique. Notons que ce son' d'anciens pays de l'est, pour l'un membre de l'ex-Yougoslavie, pour l'autre de l'ex-URSS. Mais ils rejoignent la désillusion manifestée par des pays ex-Pacte de Varsovie (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) à l'endroit de l'UE dont ils font proutant partie. Tout ceci pour marquer que la panne européenne n'est pas simplement due à la crise financière ou économique, à la crise ukrainienne, à la pression indépendantiste ou à la crise des migrants mais qu'il y a quelque chose de plus profond : une défiance envers les valeurs même de l'UE.

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dimanche 17 janvier 2016

3/16

L'attentat à Istanbul, revendiqué par l'EI, modifie forcément les choses pour R. Erdogan. Jusqu'à présent en effet, les 4 attentats perpétrés par l'IE en Turquie avait visé des cibles kurdes. Vu e la présidence, si les ennemis s'entretuaient, ce n’était pas très grave. Mais frapper cette fois la Turquie la plus emblématique, celle de la vieille Constantinople, haut lieu du tourisme (un des piliers de l'économie turque qui, elle aussi, va moins fort ces derniers mois), voici qui pourrait changer beaucoup la donne, d'abord à l'intérieur. Le soutien populaire dont il dispose pourrait s'émousser. Bien sûr, dès le lendemain, les Kurdes perpétraient eux aussi un attentat ce qui permettra au pouvoir de dire que les fléaux de la balnce sont à l'équilibre, il n'en reste pas moins que la posture extérieure d'Ankara est fragilisée.

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jeudi 14 janvier 2016

Neige (origines) | Convard, Adam, Vignaud

Voici une très belle BD qui vaut largement le détour, tant pour l'originalité de son scénario que pour son traitement graphique. Un très bon moment et pas simplement une petite passade distrayante, comme cela arrive régulièrement. Je n'ai rien contre les distractions, j'en dis du bien (je ne perds pas de temps à dire du mal des BD qui me déçoivent comme par exemple le Bob Morane qui vient de sortir) mais ne suis pas abusé par elles. Ici en revanche, nous sommes en présence de quelque chose d'ambitieux et réussi.

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dimanche 10 janvier 2016

02/16

Trois semaines sans billet ! On dirait que j'ai pris des vacances. D'un autre côté, il ne s'est quasiment rien passé et je suis sûr que vous n'avez pas eu besoin de mes analyses. J'en profite tout de suite pour vous adresser mes meilleurs vœux, puisque 2016 risque d'être encore plus géopolitiquement agitée que 2015. Du pain sur la planche pour le Chardon et ses lecteurs. Santé et prospérité à tous. Quant à cette semaine...

On a beaucoup parlé de l'exécution de 47 "condamnés" en Arabie Saoudite. Beaucoup d'émotion de par le monde. Souvent, j'ai entendu deux thématiques (je ne parle même pas des sempiternelles analyses sur la rivalité sunnito-chiite ou l'opposition Iran/AS) : l'Arabie est un pays fondamentaliste à la source du jihadisme, et ce n'est pas bien de faire autant d'exécutions d'un coup, ni même de pratiquer encore la peine de mort.

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dimanche 20 décembre 2015

51/12

Burundi : les événements empirent comme prévu, malheureusement. Le pouvoir joue la carte de la confrontation ethnique afin de se perpétuer. L'opposition est divisée, l'Union Africaine distante. Encore une fois, la défaite suscitée par un manque de maturation politique. Il est à craindre que les débordements ne s'étendent avec leurs lots de massacre. Chronique d'un génocide annoncé.

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dimanche 13 décembre 2015

50/12 Getting better

Olivier Roy avait publié une tribune dans le Monde où il expliquait que les jihadistes français ne l'étaient devenus que pour des troubles psychologiques et socio-affectifs (oui, je force le trait). Une formule avait fait mouche : ce n'est pas l'islam qui se radicalise, c'est le radicalisme qui s'islamise. Voici une réponse à cette thèse : il y a peut-être d'autres facteurs, non ? Je suis en train de lire l'ouvrage fondateur d'O. Roy, "La fin de l'islam politique", réédition de 2015 d'un ouvrage de 1991. Il y a énormément de bonnes choses, la postface vaut le détour, il y a juste un petit problème : depuis 1991, l'islam politique radical n'a cessé de se réinventer. Et on peut dire qu'on en a encore pour dix ans. Donc oui, il a plein de limites et non, il ne propose pas un projet politique durable mais oui quand même, cette offre politique rencontre le succès malgré toutes ses limites. Peut-être dû à autre chose que les troubles psycho-affectifs, non ?

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dimanche 6 décembre 2015

49/15 Lucy in the sky with diamonds

Semaine chargée et j'ai toujours plus de mal à remplir ces éphémérides, désolé si je suis bref et si j'oublie des événements importants. Constatons qu'alors que la semaine dernière, on nous expliquait que la France était isolée, voici que l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont rejoint, chacune à leur façon, les efforts français. Du côté de Moscou, les choses ne vont pas si mal non plus : à défaut de la coalition espérée par V. Poutine, il y a plus que de la déconfliction, moins que de la collaboration : disons de la coordination. Bref, la France a plutôt réussi son tournant de politique étrangère, même si L. Fabius a dû manger son chapeau à plusieurs reprises. (cliquez pour lire la suite)

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dimanche 29 novembre 2015

48/15 With a little help from my friends

Deux événements ont marqué la semaine. D'une part, le marathon diplomatique de F. Hollande. Les observateurs n'ont cessé de dire que c'était peu concluant ou que la France était isolée. Je ne suis pas d'accord avec cette vision typiquement française, excessive par son dénigrement. L'autre événement est l'affaire du jet russe abattu par la chasse turque. Paradoxalement, cela se retourne contre M. Erdogan qui se retrouve isolé, malgré les apparences. (lire la suite...)

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dimanche 22 novembre 2015

47/15 Sergent Pepper's lonely hearts club band

Comme vous tous probablement, j'ai été secoué par les événements de l'autre vendredi mais surtout par la succession d'événements qui se sont succédé au cours de la semaine. Ceci explique la non- publication des miscellanées dimanche dernier. Une semaine a passé, il est temps de revenir à l'analyse.

(source, en hommage à la résistance belge...)

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dimanche 8 novembre 2015

45/15 Tomorrow never knows

Le crash de l'airbus russe constitue probablement la grande affaire de la semaine et suscite plusieurs commentaires. Il semble de plus en plus probable qu'il s'agit d'un attentat, conduit par l'EI. Constatons une fois de plus la remarquable stratégie de communication de l'EI, qui distille ses informations au compte goutte, suscitant attente et donc intérêt. Notons au passage que les Anglo-Saxons se doutaient de quelque chose depuis des mois (ici). Dans le cadre de la proxy war menée par bien des acteurs au Moyen-Orient, constatons que la nouvelle n'est pas "mauvaise" vue de Washington, tant elle affaiblit les Russes. Ainsi s’explique la décision anglaise de suspendre ses vols, annoncée le jour même de la visite de Sissi à Londres, ce qui ne témoigne pas de la plus grande diplomatie ! La gêne du Kremlin est palpable, avec un Poutine qui a été fort discret tout au long de la semaine. Ne doutons pas que les Russes vont réagir, probablement par une action forte en Syrie (Rakka ?). La Russie ne laissera pas passer et déjà elle organise un pont aérien pour rapatrier ses concitoyens, bien plus efficace que ce que font les Européens.

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vendredi 6 novembre 2015

Astérix, Corto : reprises

Vous n'avez pas pu échapper aux grandes promotions qui ont accompagné la publication du dernier Astérix et du dernier Corto Maltese. Voici deux héros extrêmement populaires qui "passent la main". Plus exactement, ces nouveaux opus ne sont pas écrits et dessinés par les auteurs d'origine, Uderzo dans un cas, Hugo Pratt dans le second.

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