Puisqu'on en est au calcul d'épicier : d'abord, cette bataille de chiffres me rappelle une autre bataille de chiffre d'une période récente, où l'on annonçait 1,5 millions de personnes pour une population de 60 Millions. Là, 300.000 pour une population de 45 Millions.

A l'époque, un pouvoir était légitime puisqu'il avait été démocratiquement élu et que la réforme contestée par le peuple était à son programme et qu'il l'avait mise en œuvre. Et bien Yanoukovitch a été démocratiquement élu, et il n'avait pas mis le rapprochement avec l'Europe à son programme.

Accessoirement, il a choisi un accord qui rapporte à son pays plusieurs milliards d'euros, quand le prêt européen ne s'élevait qu'à 640 M d'euros.

C'est donc un mauvais dirigeant, anti-démocratique, et il est juste que les foules en colère s'élèvent contre cet abus de pouvoir manifeste.

Au passage, l’opposition qui avait perdu les élections il y a trois ans n'est pas plus unie qu'à l'époque : aucun projet politique en face...

La vraie conclusion est donc : le soft power européen a vécu. Surtout quand il se heurte à un hard power russe. Brutal et pas fin, mais efficace. Et vouloir rejouer dans la rue ce qu'on n'a pas su gagner par la négociation n'est pas des plus fairplay.

Mais il est vrai qu'il s'agit de géopolitique. A tout le moins n'est-on pas forcé de marcher dans la combine du story-telling : la ficelle est trop grosse.

Le Chardon