Les textes ne valent que par leur mise en œuvre et il y avait déjà eu des Constitutions très libérales dans le monde arabe (et musulman). Pourtant, une Constitution ne vaut que par sa pratique, je n'oserais dire sa coutume.... Là, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Surtout quand on me dit (on a lu le texte, lui : pas moi) qu'après tous les beaux principes du début (sur lesquels la bonne presse s'est enthousiasmée) il faut regarder l'équilibre des pouvoirs (que la bonne presse n'a pas regardée, toute émoustillée par ses élans de vertu et de belle morale). Il y aurait, paraît-il équilibre.

Mais il semble que le président n'a pas beaucoup de pouvoir, le premier ministre non plus et que le système semble surtout organiser le gel (un peu à la manière primaire de la Constitution américaine). Bref, ni vraiment présidentielle, ni vraiment exécutive, ni pleinement parlementaire. On risque donc beaucoup de sur-place et d'atermoiements.

Dès lors, et ce danger a été vu par de nombreux observateurs, l'attente des prochaines élections va permettre à Ennahda de se refaire une virginité (pardon : une santé) et de revenir en force en dénonçant l'impéritie du pouvoir....

Pendant ce temps là, des zones de plus en plus grandes ne sont plus contrôlées et l'économie continue sa stagnation.

La Tunisie est une société très sophistiquée, ce qui lui a probablement permis d'éviter le chaos jusqu'à présent. Mais il faut continuer de croiser les doigts. Au risque de paraître rabat-joie, cette Constitution n'est pas la solution à toutes les difficultés tunisiennes.

Le Chardon