En Espagne, ce n’est pas le problème. 20.000 manifestants se réunissent le soir même pour réclamer l’abolition de la monarchie : ce n’est pas rien et même s’il y a désormais des réseaux sociaux et que la Puerta del Sol est le lieu de rendez-vous habituel de l’extrême gauche, cela témoigne d’une vraie crise.

La crise actuelle touche tous les régimes et pas simplement les institutions européennes. Cette méfiance envers un vieux roi en est un signe évident et délétère, même s’il n’a pas été très habile de chasser au Botswana. Va-t-on pourtant dire sérieusement qu’une incartade bénigne suffit à mettre à bas la monarchie ?

Le mal est plus profond qui dissout et déstabilise toutes les institutions, tous les liens sociaux. Bien sûr, l’indépendantisme catalan arrive en ligne de mire avec le scrutin du 9 novembre, qui sera peut-être illégal mais un vrai succès. Revoici posé la question de la Crimée ou du Kosovo.

Le symbole de l’unité espagnole (comme le roi de Belgique est le symbole d’une autre unité de royaume) aura bien du mal à assumer le déchirement qui s’annonce.

Pourtant, ces symboles d'unité sont plus que jamais nécessaires pour manifester le "vivre ensemble" si menacé de nos jours par les forces destructrices qui s'accumulent au sein des sociétés.

C'est pourquoi je souhaite tout le meilleur au nouveau roi Philippe.

A. Le Chardon