Philippe Aymond en est le seul auteur, dessin plus scénario. IL est également le dessinateur de Lady S : on sent qu'à côté de cette série convenue et grand public mais sans grand intérêt, il avait besoin d’une expression plus complexe.

Voici donc l'histoire d'un peintre qui rentre en Écosse vers 1743 après un séjour d'une dizaine d'années en Italie. Plein de talent et solitaire, perdu dans les souvenirs de son amour perdu, il est enrôlé comme peintre de cour auprès d'un lord Écossais mais qui a choisi pour l'alliance avec les Anglais (un whig). Vous devinez que trois intrigues vont se nouer: le mystère du peintre (qui est-il? que cache-t-il?), son amour pour la fille du patron, mais aussi l'intrigue politique entre Écossais et Anglois (sans oublier un peu d'intrigue sociale entre les brigands et les riches). De là à dire que le pays a été trahi par ses élites....

C'est bien une idée de dessinateur que de mettre un peintre comme héros : mais du coup, comme il sait se battre (ben c'est une BD quand même, dites), il y a de l'action et l'histoire est plaisante. On évite les sensualités évidentes qui polluent facticement trop de BD contemporaines.

Pour le reste, le dessin vaut le détour car le portrait de l’Écosse est bien troussé avec plein de verts et d'ocres.

Et puis, l’Écosse, c'est de saison, non ? Même si on n'aime pas le whisky.

A. Le Chardon