"Pour casser, le nerf de la guerre" a expliqué consciencieusement un journaliste qui avait lu Sun Tzu et qui se croyait réaliste en suggérant l'hypothèse pétrolière habituelle (faire monter les cours). Bon. Admettons. Mais il y a des puits en Irak et on ne nous parle pas de frappes à leur encontre, curieusement. D'autant qu'il parait qu'ils ont plus de débit que les puits syriens. Donc ce doit être autre chose.

Faire plaisir à Assad ? J'en doute. J'entendais un autre analyste dire qu'il fallait expliquer à Assad de ne pas en profiter pour se réimplanter dans les zones qui étaient occupées par le GEI et dont ils auraient fui. Je suis sûr qu'il va se laisser convaincre, "Bachar", comme dit maintenant notre merveilleux et sublime Ministre qui a enfin trouvé un moyen"populaire" de désigner l'ennemi : par son prénom.

Bon, donc ce n'est pas la raison. Alors ?

Alors, peut-être s'agit-il de briser l'ambition "internationaliste" du GEI, son transfrontièrisme. Le frapper en Syrie pour le forcer à refluer en Irak où l'on considère que peut-être, il sera plus facile de le "traiter". Faire respecter au fond le découpage frontalier. Raffermir le principe régional de l’intangibilité des frontières : somme toute, il s'agit du seul principe qui réunit vraiment tous les participants : Iran, Arabie Saoudite, Irak et même Syrie, sans même parler d'Irak.

Mais ce n'est qu'une hypothèse. Vous allez voir que dès demain une frappe "en Irak" va démentir la belle explication que j'avais échafaudée.

A. Le Chardon.