Émeutes à Kumanovo, en Macédoine. On sait peu de détails de ce qui s'est passé, mais il semble bien que des Albanais (certains de Macédoine, certaines du Kosovo, peut-être même un d'Albanie) soit à l'origine de cette éruption de violence, durement maîtrisée par le pouvoir de Skopje. Ceci intervient dans un contexte de crise politique au sein du pays. Cela nous rappelle que les Balkans sont peut-être "stabilisés" mais que rien n'est réglé, au fond. La région constitue un trou noir d'où certains émigrent en masse (Kosovo) tandis que l'ensemble constitue une voie majeure d'immigration clandestine en provenance du Moyen-orient. On se focalise beaucoup sur la Méditerranée, on oublie beaucoup les Balkans.

Au Moyen Orient, les choses se clarifient. L'Arabie Saoudite a choisi : son adversaire principal est l'Iran plus que les frères musulmans. Il s'ensuit un réalignement des cartes selon un axe Riyad - Doha (Qatar) - Ankara. Qui se voit certes au Yémen, mais plus visiblement en Syrie où une "armée de la conquête" regroupe tous les rebelles (non EI) au régime. Tant pis pour l’Égypte, qui demeure cliente mais plus distante, bien qu'elle soit au premier rang au Yémen.

Reconnaissance de l’État de Palestine par le pape François. La nouvelle est bien sûr intéressante du point de vue des relations bilatérales entre le Vatican et Ramallah. Elle marque surtout l'évolution des esprits. Une telle décision aurait été impensable il y a plusieurs années. Mais les guerres d’Israël contre Gaza, la poursuite de la colonisation, les outrances des majorités politiques ont durablement affaibli la tolérance internationale dont bénéficiait Tel-Aviv.

Pendant ce temps-là, Israël peut profiter de l’absence de réponse syrienne. En effet, Assad est tellement préoccupé par son conflit interne, il a tant besoin des appuis du Hezbollah qu'il ne peut répondre aux quelques attaques directes que Tel-Aviv lance sur son territoire. De même, le Hezbollah, souvent la cible de ces attaques, ne se risque pas à répondre tant il est impliqué en Syrie. Du coup, Israël peut viser tel ou tel objectif. IL semble qu'il y ait une augmentation récente de ces actions, ce qui viendrait confirmer l’alliance objective entre Israël et l'Arabie Saoudite. Celle-ci, on s'en souvient, a par ailleurs trouvé un accord avec le Qatar et la Turquie dans son soutien aux rebelles syriens (hors État Islamique). Ceci explique les nombreux revers récents des forces de B. el Assad.

Kerry à Sochi pour rencontrer Lavrov et Poutine. Cela dénote un changement dans l'attitude américaine, qui était jusque là assez distante et plutôt critique envers la Russie. Las, un an plus tard, l'Ukraine ne marche pas très bien et Poutine est toujours là. Certes avec des difficultés, notamment économiques mais celles-ci sont principalement dues à la baisse des cours du pétrole, plus qu'aux sanctions. Par ailleurs, Poutine n'est pas isolé. Bref, du côté de la Maison Blanche, on montre un certain pragmatisme. Cela passe par la "prise en main" des accords de Minsk 2, jusqu'à présent une affaire plutôt européenne. Mais au-delà de l'Ukraine, le vrai objectif américain consiste à trouver un agrément russe autour des négociations avec l'Iran et au-delà de traiter la question du Moyen-Orient. Aussi les deux propagandes, celles des durs occidentaux comme celle des pro-Russes, se sont-elles légèrement atténuées ces dernières semaines.

Enfin, s'il y a toujours des accrochages du côté du Donbass, aucun incident assez sérieux ne relance la mécanique des affrontements. Si Moscou n'y a pas intérêt à court terme (attendant la date du 30 juin pour voir si les sanctions européennes vont être prolongées ou non), on sent bien que tous les Occidentaux conseillent à Kiev de ne pas provoquer. Tiens, le 30 juin, c'est aussi la date fixée pour signer l'accord nucléaire avec l'Iran....

Les ministres de l'Otan chantent "We are the world", vous avez vu la vidéo circuler sur les réseaux sociaux. Incontestablement maladroit, alors que les meilleurs expert ne cessent d'appeler à une stratégie de communication (StratCom) pour contrer la propagande russe. Là, les Russes n'ont rien besoin de faire. Cela étant, on remarquera que la vidéo a été tournée en Turquie, à une réunion ministérielle qui s'y déroulait la semaine dernière. Or, il semble bien que la "fuite" ait été orchestrée pour l'opinion publique intérieure : la Turquie a "zéro problème avec ses voisins", regardez on a des alliés, et le ministre turc chante côte à côte avec le ministre grec. A quinze jours des élections, on ne va pas rater ça. Et tant pis si l'Alliance ne paraît pas très sérieuse... La politique intérieure, ça prime toujours sur la politique extérieure.

Parutions

Uberisation = Economie déchirée ?, publié aux Editions Kawa et disponible sur les sites de l'éditeur, Amazon, Fnac… http://www.keyrus.fr/news-et-medias/actualites.htm?cid=1176 Voir le billet de Th. Berthier

JF Daguzan publie La fin de l’État-Nation ? De Bar... aux éditions du CNRS. Face à la solidité des États-Nations, nul ne semblait plus être en mesure de contester la validité de cette entité politique qui structure en profondeur les relations internationales. Or, depuis une décennie, des organisations terroristes ont pour objectif final de détruire l’État-Nation en cherchant à instituer de nouveaux espaces, sur une base surtout religieuse mais parfois aussi ethnique ou idéologique, qui dépassent les frontières admises. C’est le cas de l’État Islamique en Irak et au Levant (Daesh). C’est également le cas des rebelles pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, qui revendiquent un État sur une base anti-occidentale. Ces conflits violents, difficiles à comprendre dans leur totalité, annoncent-ils une remise en cause générale du concept même d’État-Nation ? Préfigurent-ils de nouvelles formes de revendication territoriale qui déboucheraient sur la constitution d’États qui ne seraient plus « nationaux » mais religieux ou ethniquement purs ? Ce nouveau livre de la collection « Débats », incisif et argumenté, répond à ces questions.

L’Institut de Recherche Stratégique de l’École militaire (IRSEM) a le plaisir de vous informer de la parution de son Étude n°38 intitulée : « Quelles stratégies face aux mutations de l’économie de défense mondiale ?», sous la direction d’Aude-Emmanuelle Fleurant. Cette étude est le fruit d’une réflexion initiée en 2012 au sein du groupe des jeunes chercheurs en « Armement et économie de défense » associés à IRSEM, sous la direction d’Aude-Emmanuelle Fleurant. Elle détaille les stratégies mises en place par les États et les entreprises dans le contexte des transformations qui ont affecté le marché mondial de l'armement et les budgets publics de défense depuis les années 1990.

Articles, sites et liens

Événements

19 mai Energie et innovation : pari gagnant d’une France souveraine ? Laurence Grand-Clément Fondatrice et co-fondatrice de startups dans la transition énergétique Associée de l’Observatoire de l’Innovation dans l’Energie & Vincent Lassalle Responsable du développement lean d’une offre à destination des villes durables chez EDF Mardi 19 mai 19h30 à 21h00 École militaire Amphithéâtre Des Vallières. Inscriptions

20-21 mai 14ème Forum Entreprises-Défense (FED) (20-21 mai, Versailles). Organisé par la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT) en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France, le 14ème Forum Entreprises-Défense (FED) se déroulera à Versailles les 20 et 21 mai 2015 dans le quartier de la SIMMT. L’Association des entreprises partenaires de la Défense est heureuse d’être une nouvelle fois associée à cette manifestation Inscription gratuite mais obligatoire

27 mai ANAJ IHEDN La Hallyu diplomacy ou l’émergence du soft power sud-coréen Pierre JOO Directeur du bureau coréen du cabinet Attali & Associés Animateur du blog « La gazette de Séoul » Mercredi 27 mai 2015 19h30 à 21h00 École militaire Amphithéâtre Des Vallières. Inscriptions

6 juin IHEDN La défense comme vous ne l’avez jamais abordée 12 tables rondes, des penseurs, des experts, des ong, des livres, des bd, des films … La défense est un enjeu trop vital pour être le domaine réservé d’experts et de professionnels. La défense engage la survie de la Nation. Ses institutions, son territoire, ses intérêts vitaux, tout autant que ses valeurs et sa capacité à résister à l’adversité. La défense est bien sûr une politique. C’est un engagement pour les hommes et les femmes qui ont choisi le métier des armes. Mais c’est aussi l’expression de la volonté d’un peuple de rester maître de son destin. Penser la défense, c’est l’objet de ces "Rencontres IHEDN" organisées par l’Institut des hautes études de défense nationale, le samedi 6 juin 2015, sur le site de l’École militaire. Douze tables rondes permettront, ainsi de faire dialoguer penseurs, praticiens et représentants de la société civile autour de thématiques "citoyennes" destinées à poser sur la place publique une réflexion qui engage notre avenir. Les débats se dérouleront autour de quatre espaces. TERMINATOR, à l'image de la guerre des machines… Prendre conscience de notre rôle d'acteur de la défense collective. MINOTAURE, symbole des pulsions destructives de l'homme… S'assurer que la défense concerne chaque citoyen. VALMY 2.0, pour imaginer la guerre de demain… Identifier nos vulnérabilités pour faire face aux menaces d'aujourd'hui. GLADIATOR, quand le spectacle de la force se déploie dans l'arène… Penser la défense et anticiper la violence à venir.

09 JUIN 2015 Centre de recherche de l'École des Officiers de la gendarmerie nationale - 8h30-10h30 - colloque "La voiture connectée"- Quartier des Célestins à Paris

A. Le Chardon