On aura noté l'affaire grecque, dont je vous ai entretenu la semaine dernière. Chacun sait désormais que rien n'est réglé. La dette reste pendante, le FMI le dit, l'Allemagne ne veut rien savoir. On entend les habituelles fadaises sur "un gouvernement économique de la zone euro", un "Trésor européen", etc... Rien de convaincant.

Ce qui est sûr en revanche, c'est que l'affaire a donné du vent dans les voiles des eurosceptiques britanniques. Désormais, ils résident non seulement à droite mais aussi à gauche, puisque voici un courant travailliste eurosceptique. Quel grand succès !

Donc, non seulement nous aurons un Grexit mais en plus, l'affaire aura forcé un Brexit. Bravo !

L'Ukraine, en avez-vous entendu parler ? Elle a disparu des radars. État failli qui est encore plus en faillite que la Grèce, on comprends que les Européens ne se précipitent pas. Quant à la Russie, elle digère tranquillement, cherchant plutôt pour le moment à retrouver des relations "normales" avec l'Ouest : discrétion au moment de la crise grecque, coopération pour négocier l'accord iranien... Idem pour les Américains qui sont plus attentifs à l'Asie ou au Moyen Orient...

Accord iranien : un grand succès, à bien des égards. Paradoxalement, je n'exclue pas un pragmatisme israélien qui chercherait un accord avec l'Iran en échange de la stabilisation avec le Hezbollah.

Libye: là aussi on n'y prête pas attention mais entre les efforts diplomatiques qui laissent entrevoir de timides progrès et les péripéties militaires, il se passe pas mal de choses. Bref, cet été sera peut-être propice à quelques retournements, puisqu'aucune partie n'a renoncé à la voie militaire. Hors, les opérations se mènent en cette période. A suivre.

Parutions

Le Laboratoire de Recherche sur la Défense est heureux de vous annoncer la publication du Focus stratégique n° 59 L'opération Serval à l'épreuve du doute : Vrais succès et fausses leçons par Antoine d'Evry. Le déploiement des forces françaises au Mali en janvier 2013, avec pour objectif de contrer l’offensive des groupes djihadistes du Nord Mali, ont démontré la capacité de l’Armée française à se projeter dans un très court délai, et de conduire une opération expéditionnaire à longue distance de façon autonome, en dépit des limites de ses moyens. Le succès de Serval peut être expliqué au travers de plusieurs facteurs comme la présence de forces prépositionnées, la prise de décision rapide et un tempo opérationnel élevé, mais aussi le labeur diplomatique et la qualité des relations bilatérales avec les pays africains. Ce succès ne doit cependant pas conduire à sous-évaluer les lacunes capacitaires qui ont été illustrées lors de l’opération dans les domaines du transport stratégique, de l’Intelligence, Surveillance and Reconnaissance (ISR) ainsi que de la capacité politique à régler un conflit interne dont l’issue demeure incertaine. L'auteur Officier supérieur de l’armée de Terre, le Chef de Bataillon Antoine d’Evry est détaché comme chercheur au sein du Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) de l’Ifri. Diplômé de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, du Cours Supérieur d’Etat-major et de l’Ecole de Guerre, il est en outre titulaire d’un Master 2 de Géographie.

Numéro 62 - Juillet 2015 Le journal des Directeurs Sécurité d’Entreprise (DSE) est mis en ligne depuis janvier 2008. Le journal est composé d’entretiens auprès des principaux directeurs sécurité, d’informations relatives aux enjeux de la sécurité ou encore il fait le point sur les dernières nominations. Entretien avec Patrick Espagnol, Directeur de la Sécurité et de l’Intelligence Economique du groupe EDF juillet 2015 - Vous êtes directeur de la sécurité d’EDF depuis plus de deux ans, vous avez toujours exercé avant comme grand commis de l’Etat, quel bilan tirez vous de ces deux ans dans le privé ? La nécessité de se protéger et de protéger son patrimoine est aujourd’hui largement partagée par les acteurs publics et privés, la culture de sécurité étant entrée dans le monde des entreprises. En ce domaine, il existe de (...)

A lire Sécurité & Stratégie n°19 Dossier : Protéger les collaborateurs à l’International juillet 2015 - DOSSIER L’utilisation des outils cartographiques dans la sûreté des déplacements d’affairesRetour ligne automatique par David Amsellem & Kevin Limonier Obligation de sécurité de l’employeur et vie privée des salariés en mobilité internationale : une jurisprudence en plein essorRetour ligne automatique par Monica Goncalves Gérer la sécurité des déplacements au sein de la Branche Global Gaz & (...) Technologie Condamné pour avoir fait voler son drone au-dessus d’un incendie juillet 2015 - Alors que l’actualité a été rythmée, ces dernières semaines, par le survol de Paris par plusieurs drones , un homme a été condamné, le 10 mars 2015 à Pau (Pyrénées- Atlantiques), à 450 € d’amende avec sursis et à la confiscation de son matériel. Il avait filmé à l’aide d’un drone deux incendies au-dessus du centre d’enfouissement technique (CET) d’Orthez, en septembre dernier. Il était poursuivi pour mise en (...)

Articles, sites et liens

Boboland

Pas de mot bobo, juste un témoignage, délicieux à sa façon. Je voyageais donc l'autre jour dans le train, en 1ère. Monte un type, il s'installe prend son téléphone et commence à discuter avec bobonne, sans faire d'effort pour chuchoter. La contrôleuse passe, lui dit l'aller sur la plate forme, il la regarde, acquiesce et continue. Au bout de cinq minutes, je l'interpelle : "Monsieur, pouvez vous aller sur la plateforme?". Il me regarde, dit à sa femme "Chérie, excuse moi, on me parle, la bourgeoisie française n'est pas contente". "Mais monsieur, vous dérangez tout le monde" (une dame intervient "Oui, on n'a pas besoin d'entendre votre conversation, surtout qu'elle se prolonge"). "Mais c'est incroyable, on est en première et tout de suite, la bourgeoisie française se met à manifester son entre soi" "Monsieur, d'abord utiliser cette expression qui fleure les années 70 montre un retard mental certain ; ensuite, quand on monte en première, on est bourgeois : visiblement, vous êtes un bourgeois honteux, un bobo". "Monsieur, je vous emmerde". "Oui, cela fait quelque temps".

Fréquentant peu de bobos, j'avais oublié à quel point ils sont complexés. A la fois d’infériorité et de supériorité. Et en même temps, absolument pétris du "moi je" qui leur sert de doctrine et les rend tout à fait compatible avec le libéralisme le plus outrancier.

Culture

"La femme au tableau": Helen Mirren est épatante; l'histoire bien troussée : un film "juridique" comme les Américains en font régulièrement , qui a le bon goût de ne pas trop insister sur les plaidoiries et les ressorts des procès. Beaucoup de flash back sur l'Autriche de 1938 et celle d’aujourd’hui, également égoïstes, croit-on comprendre. Pas trop de mauvaise conscience du camp du bien (juste un journaliste, c'est assez discret), beaucoup de bonne conscience américaine (havre de paix et terre promise des réfugiés et des persécutés). Bref, un film agréable à voir, avec surtout une belle reconstitution de la bourgeoisie viennoise du temps de Klimt. "La dame en or" (tableau sujet du film) a été peint en 1902, on est donc encore dans "Le monde d'hier". A y repenser, c'est ce que j'ai trouvé de plus convaincant.

A. Le Chardon