Le scénario tout d'abord : il est remarquable, même s'il est un peu échevelé. Nous sommes dans un avenir incertain, où une domination mondiale assiège un bout de territoire en Europe; à coup de technologie. Surtout, le dérèglement climatique a fait son œuvre et nous voici dans une mini ère glaciaire. Cela tombe bien, les assiégés dépendent de Rome, une Rome sous la neige et la glace, mais aussi sous la férule d'un Vatican post papal (comme on dit post moderne) attisant la crédulité des gens désespérés devant le cours des choses et aspirant à une vie meilleure, au prix de toutes les illusions.

Simultanément, un petit groupe de rebelles, opposés à l'empire mais refusant l'exploitation de la crédulité, a vent que le "l'empapereur"a pour projet de construire des nefs pour franchir le mur magnétique qui protège son territoire des armes des méchants de l'empire. Il motive ce projet par l'espoir d'un monde meilleur, bassement conseillé par un félon qui ne voit que ses intérêts. Il s'ensuit un road trip glacé de la petite équipe jusqu'à Rome, dans le but de prévenir l'empapereur qui a été mal conseillé.

Le dessin est superbe et très original, avec des mises en couleur qui savent rester discrète et en même temps donner une tonalité bienvenue. L'atmosphère graphique est très bien trouvée et surprenante, témoignant d'un vrai effort. La recherche est très heureuse et fournit de très beaux tableaux, notamment ceux d'une Rome à la fois antique et verglacée, ou d'arches à la Noé post-modernes.

Ainsi, cet album est une réussite sur tous les plans : une histoire à laquelle on accroche (une fois accepté le parti pris des conditions post apocalyptiques), un dessin fouillé, une mise en couleur superbe. J'attends la suite avec impatience. A se faire offrir d'urgence avec les étrennes que vous avez reçues.

Neige : les douze, chez Glénat. Par Convard, Adam et Vignaux

A. Le Chardon.