En effet, l'absence d'accord le 31 mars commençait à faire douter.

Passer une échéance, c'était prendre le risque de traîner et donc de ne plus être tenu. Bref, d'échouer. Or, il n'y avait pas de solution de rechange. Si je n' ai jamais douté de la volonté des Américains de signer, je commençais à me poser des questions : pourquoi une intransigeance iranienne ? était-ce les gardiens de la révolution qui avaient réussi à bloquer ? Khamenei conservait-il son obsession anti-occidentale ? la question des sanctions était-elle si prégnante ? Au fond, les multiples avancées stratégiques au Moyen-Orient suffisaient-elles à l'Iran ?

Bref, je ressassais ces hypothèses, m'interrogeant sur les ténèbres iraniennes, facteur toujours pressant.

Et puis il y eut accord. Out, la prévision d'il y a quinze jours se vérifiait, ainsi que les données du raisonnement.

Malgré tout ce que j'ai pu lire, cela devrait calmer le jeu au Moyen-Orient et ouvrir des pistes de résolution de tel ou tel problème. En effet, ces négociations avaient posé d'entrée un principe : on ne lie pas la transaction à d'autres problèmes. Cet isolement de la question nucléaire était considérée comme la garantie du succès. Mais un accord réussi (il reste toutefois encore pas mal de choses à faire d'ici le 30 juin) ouvre désormais la porte à d'autres négociations sectorielles. Une méthode des petits pas qui fait preuve de réussite. Obama mérite son prix Nobel et entre dans l'histoire non plus seulement pour son élection, mais aussi pour son œuvre.

Pour l'instant, félicitons nous en.

A. Le Chardon